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Pour des écoles bilingues - appel Ecolo/Agalev
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Début 2003, un débat surréaliste fait rage à Bruxelles : faut-il ou non laisser le néerlandais comme deuxième langue obligatoire à Bruxelles. La question est posée très officiellement au Parlement de la Communauté française par un député MR (FDF). A l’heure où le non-bilinguisme est identifié comme une des causes importantes dans les difficultés rencontrées pour trouver un emploi, Adelheid Byttebier (Agalev) et moi-même interpellons les 2 Communautés pour collaborer à la mise en place d’écoles bilingues. Le texte ci-dessous est celui de notre interview réalisée par Nicole Burette et parue dans La Libre Belgique du 7 février 2003. Cet interview donna aussi l’occasion d’un article paru dans le journal néerlandophone De Staandard.

Pour des écoles bilingues

C’est la proposition des chefs de file Ecolo et Agalev bruxellois.

Ils en appellent à une concertation entre les deux Communautés.

"Au lieu de se déchirer de manière inopérante et hypocrite sur l’imposition ou non du néerlandais ou du français comme seconde langue à Bruxelles, il faut passer à la vitesse supérieure", disent en substance les chefs de groupe Ecolo et Agalev du Parlement bruxellois. Christos Doulkeridis et Adelheid Byttebier viennent d’annoncer la proposition concrète qu’ils s’apprêtent à soumettre, ensemble, à Jean-Marc Nollet (Ecolo ; enseignement fondamental dans la Communauté française) et Marleen Vanderpoorten (VLD ; enseignement en Flandre).

Les deux élus verts prennent ainsi pied dans le débat sur l’apprentissage des langues qui vient d’avoir lieu au Parlement de la Communauté française. Et dans celui qui a suivi au sein de l’hémicycle flamand, après que le député Didier Van Eyll (MR-FDF) eut remis en cause l’obligation pour les Bruxellois francophones, fixée par la loi linguistique de 1963, de suivre le flamand en seconde langue.

Plusieurs constats à l’origine de leur réflexion :

l’imposition de la deuxième langue se révèle inefficace pour former de parfaits bilingues ; le taux de population francophone dans les écoles flamandes bruxelloises démontre le souhait de bilinguisme de la population mais commence à poser des problèmes organisationnels ; d’un côté, "les francophones râlent" parce que trop d’emplois dans la capitale -exigeant le bilinguisme... -sont occupés par des néerlandophones quand, de l’autre côté, la population flamande s’insurge d’avoir trop souvent affaire dans les administrations et autres hôpitaux à du personnel qui comprend mal le néerlandais ; quelque 98pc des chômeurs bruxellois ont pour dénominateur commun d’être unilingues...

Une chance à saisir Faut-il voir dans le statut de Bruxelles - ville bilingue, espace de vie multiculturel et capitale internationale - un handicap ou une "chance à saisir" ?

Pour eux, c’est la deuxième voie qui est la bonne. Notamment "parce que c’est un vivier d’emplois formidable" et parce que "beaucoup de Bruxellois, par leurs origines diverses, sont familiarisés à plusieurs langues".

D’où leur proposition : pourquoi ne pas multiplier dans la capitale les écoles totalement bilingues ? Comment ? En favorisant des partenariats entre écoles flamandes et francophones, "primaires, car c’est très tôt qu’il faut commencer". Des partenariats susceptibles de déboucher sur un enseignement intégralement bilingue, les instituteurs travaillant à mi-temps d’un côté et à mi-temps de l’autre, dans leurs langues respectives. Pour les verts, à Bruxelles, il faut dépasser le stade des classes d’immersion car la formule, volontaire, outre le côté marginal, risque de rester l’apanage d’établissements privilégiés. Il faut ni plus ni moins une volonté politique partagée de faire réellement des Bruxellois de parfaits bilingues. Le scénario qu’ils envisagent : demander aux deux ministres concernés de se mettre d’accord sur la formule et de lancer un appel à. candidatures.

Quartier défavorisé Dans un premier temps, ils proposent de sélectionner une ou deux écoles pilotes (de préférence dans des quartiers défavorisés où l’accès à. l’emploi est plus difficile) afin de mesurer les résultats et difficultés du concept. Celui-ci serait ensuite étendu progressivement. Qu’en disent les premiers concernés ? Au cabinet du ministre Nollet, on estime que c’est techniquement faisable et on se dit favorable à l’idée. "Si la ministre flamande marche, le feu vert pourrait être donné rapidement pour lancer l’expérience". Chez Mme Vanderpoorten, on rappelle que des écoles bilingues existent déjà à titre expérimental (mais associant le néerlandais avec le turc, l’espagnol, l’arabe...). Et que l’idée de l’étendre au français répond effectivement à une demande de la population et mérite de l’intérêt.

Mais que, du terrain à la politique, il y a une marge. Le dialogue entre les deux ministres serait, paraît-il, actuellement presque bloqué, la seconde refusant toute discussion tant que le problème de l’inspection linguistique dans les communes à statut spécial ne peut pas être mis sur la table.

Pour des écoles bilingues - appel Ecolo/Agalev

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