{"id":285,"date":"2009-11-28T17:54:30","date_gmt":"2009-11-28T15:54:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.doulkeridis.be\/blog\/?p=285"},"modified":"2011-08-10T11:20:30","modified_gmt":"2011-08-10T09:20:30","slug":"le-contrat-de-squat-prive-une-premiere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.doulkeridis.be\/blog\/2009\/11\/28\/le-contrat-de-squat-prive-une-premiere\/","title":{"rendered":"Le \u00ab\u00a0contrat de squat priv\u00e9\u00a0\u00bb : une premi\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p>Article dans La Libre Belgique du 25 novembre 2009 r\u00e9dig\u00e9 par la  journaliste Charlotte Mikolajczak<\/p>\n<p><em> <strong> Un contrat d\u2019occupation temporaire a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 fin octobre entre des  squatters et un promoteur priv\u00e9. De quoi donner des id\u00e9es \u00e0 d\u2019autres\u00a0?<\/strong> <\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright\" src=\"http:\/\/www.doulkeridis.be\/IMG\/arton613.jpg\" alt=\"\" width=\"265\" height=\"175\" \/>A Bruxelles comme ailleurs, mais \u00e0 Bruxelles surtout,  les probl\u00e8mes de logement sont dramatiques et les exemples de sans-abri  investissant de force des immeubles vides sont de plus en plus courants.  Sauf erreur de jugement, leurs cibles sont des b\u00e2timents appartenant  aux pouvoirs publics. Le droit au logement social n\u2019est-il pas de leur  responsabilit\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>Une de ces rares \u00ab\u00a0erreurs\u00a0\u00bb &#8211; l\u2019occupation, place  Morichar \u00e0 Bruxelles (voir ci-contre), d\u2019un b\u00e2timent anciennement lou\u00e9  par le minist\u00e8re des Finances mais appartenant \u00e0 un priv\u00e9 &#8211; a donn\u00e9 lieu  \u00e0 diverses p\u00e9rip\u00e9ties qui, \u00e0 l\u2019instigation de <strong>Christos  Doulkeridis<\/strong>, secr\u00e9taire d\u2019Etat bruxellois au Logement, se sont  conclues sur l\u2019occupation tout \u00e0 fait l\u00e9gale d\u2019un immeuble de bureaux  vide localis\u00e9 rue de Stassart, derri\u00e8re la Toison d\u2019Or. L\u2019originalit\u00e9,  c\u2019est que cet immeuble appartient non \u00e0 un pouvoir public, mais \u00e0 un  promoteur priv\u00e9.<!--more--><\/p>\n<p>Certes, Besix Real Estate Development a acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 cette  demande parce qu\u2019elle \u00e9tait \u00e9mise dans l\u2019urgence et qu\u2019il avait  pr\u00e9cis\u00e9ment une solution. Et certes, l\u2019occupation est de courte dur\u00e9e  (trois mois). Mais ce contrat est quand m\u00eame une premi\u00e8re, qui pourrait  peut-\u00eatre donner lieu \u00e0 d\u2019autres exemples, voire \u00e0 une mise en musique  plus l\u00e9gale.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous ne l\u2019avons pas fait pour \u00eatre les  premiers<\/em>, explique Denis Albertyn, directeur du d\u00e9veloppement de  Besix RED . <em>Mais parce que le cas s\u2019est pos\u00e9. Le  b\u00e2timent a obtenu ses permis d\u2019urbanisme. Les travaux lourds vont  d\u00e9buter. Mais entre-temps, puisqu\u2019il \u00e9tait habitable, pourquoi ne pas  l\u2019habiter\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em> C\u2019\u00e9tait d\u2019ailleurs le seul immeuble de leur  portefeuille qui pouvait convenir en termes d\u2019habitabilit\u00e9 et du fait  que quasiment rien de l\u2019int\u00e9rieur ne sera conserv\u00e9.<\/p>\n<p>La convention qui lie Besix RED aux sans-abri &#8211; ou plus  pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l\u2019Union des locataires marolienne (ULM), l\u2019ASBL qui les  repr\u00e9sente &#8211; est assez simple, chacun devant respecter les imp\u00e9ratifs de  l\u2019autre\u00a0: une date de sortie ferme\u00a0; pas de loyer\u00a0; les occupants  payent leurs consommations (chauffage, eau, \u00e9lectricit\u00e9)\u00a0; le  propri\u00e9taire supporte les taxes et autres charges. <em>\u00ab\u00a0Comme  on aurait d\u00fb les supporter si l\u2019immeuble n\u2019\u00e9tait pas occup\u00e9<\/em>, ajoute  Denis Albertyn. <em>Sauf si l\u2019occupation d\u00e9passe le 1er  janvier, qui sonne l\u2019enr\u00f4lement des taxes\u00a0; ou si, suite \u00e0 cette  occupation, nous n\u2019\u00e9tions pas en mesure de d\u00e9marrer le chantier.\u00a0\u00bb<\/em> Non sans juger qu\u2019un encadrement juridique plus clair serait souhaitable  et que les pouvoirs publics auraient pu &#8211; \u00e0 tout le moins pourraient  dans le futur &#8211; aussi faire des efforts de leur c\u00f4t\u00e9. <em>\u00ab\u00a0Comme  de suspendre certaines taxes quand on est dans une probl\u00e9matique  sociale.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Bien que l\u2019occupation ne soit pas \u00e9vidente, les choses  se passent bien rue de Stassart. Notamment parce que Besix RED a, face \u00e0  lui, des interlocuteurs fiables. Qui ne chantent pas victoire. <em>\u00ab\u00a0C\u2019est une victoire toute relative car ce n\u2019est que pour  trois mois<\/em>, indique Emmanuelle Rabouin, coordinatrice de l\u2019ULM.\u00a0<em>Et c\u2019eut \u00e9t\u00e9 mieux si le propri\u00e9taire avait accept\u00e9 de  signer la convention directement avec les occupants, l\u2019ULM servant de  garant moral et d\u2019accompagnant. Ceci afin de responsabiliser,  d\u2019impliquer les occupants. Mais c\u2019est positif et on esp\u00e8re que cela se  reproduira.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0C\u2019est une premi\u00e8re exp\u00e9rience<\/em>,  confirme <strong>Christos Doulkeridis<\/strong>. <em>Pas tout \u00e0 fait concluante, notamment en ce qui concerne la  dur\u00e9e, trop courte, mais exemplative.\u00a0\u00bb<\/em> Elle donnera en tous les cas  lieu \u00e0 des r\u00e9flexions afin d\u2019\u00eatre r\u00e9it\u00e9r\u00e9e dans de bonnes conditions,  hors urgence. <em>\u00ab\u00a0L\u2019important est de sortir de l\u2019engrenage  d\u2019occupation en force et d\u2019expulsion violente.\u00a0\u00bb<\/em> Dans son budget 2010  &#8211; qu\u2019il pr\u00e9sentait pr\u00e9cis\u00e9ment hier (24\/11\/09) au Parlement bruxellois &#8211;  il est pr\u00e9vu d\u2019\u00e9tudier ce m\u00e9canisme. <em>\u00ab\u00a0La SLRB (Soci\u00e9t\u00e9  du logement de la R\u00e9gion) a mis sur pied un groupe de travail pour  s\u2019occuper de cette occupation temporaire\u00a0\u00bb<\/em> , poursuit-il. Entre  autres imp\u00e9ratifs, il pointe un minimum de d\u00e9lais et des conditions  strictes de sortie. <em>\u00ab\u00a0Il faut des engagements clairs.\u00a0\u00bb<\/em> Mais aussi que les pouvoirs locaux comprennent le sens de cette  occupation. \u00ab\u00a0<em>C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils n\u2019exigent pas, par  exemple, de taxes comme si les lieux \u00e9taient lou\u00e9s comme bureaux.\u00a0\u00bb<\/em><em><\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Mais cela doit rester une exception<\/em>, conclut <strong>Christos  Doulkeridis<\/strong>. <em>Ce n\u2019est pas une solution miracle  aux probl\u00e8mes de logements \u00e0 Bruxelles. Il ne faut pas se tromper de  cible. Pas question que les pouvoirs publics se dessaisissent de leurs  responsabilit\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/em> Pour l\u2019heure, l\u2019ULM a lanc\u00e9 sa prospection pour  trouver un autre immeuble vide pour janvier. Qu\u2019il soit public ou priv\u00e9  importe peu.<br \/>\nLire aussi l\u2019article de La Libre Belgique paru le m\u00eame jour\u00a0:<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Une premi\u00e8re dans le priv\u00e9, mais  dans un cadre l\u00e9gal existant, d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 entre squatteurs et pouvoirs  publics\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em> <strong>Les propri\u00e9taires ont certains  avantages \u00e0 faire occuper leurs immeubles vides, le temps d\u2019obtenir leur  permis d\u2019urbanisme ou entre leur obtention et le d\u00e9but des travaux.<\/strong> <\/em><\/p>\n<p><em>Une nouvelle vie, m\u00eame \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, pour  les immeubles de bureaux\u00a0? L\u2019avis de <strong>Nicolas  Bernard<\/strong>, professeur de droit aux Facult\u00e9s Saint-Louis et  conseiller au cabinet du secr\u00e9taire d\u2019Etat au logement, Christos  Doulkeridis<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Un contrat d\u2019occupation pr\u00e9caire de  bureaux entre des sans-abri et un promoteur priv\u00e9. C\u2019est original&#8230;<\/strong><\/p>\n<p><em>Oui et non. Oui, parce que pour la  premi\u00e8re fois, ce type de convention lie une association de d\u00e9fense du  droit au logement \u00e0 un propri\u00e9taire priv\u00e9. C\u2019est bien que les priv\u00e9s  prennent aussi conscience du probl\u00e8me de logement. Voire montrent  l\u2019exemple. Notamment&#8230; \u00e0 la R\u00e9gie des b\u00e2timents qui a r\u00e9cemment proc\u00e9d\u00e9  \u00e0 l\u2019expulsion de sans-abri en disant qu\u2019il y avait des logements  sociaux vides.<\/em><\/p>\n<p><em>Les priv\u00e9s tirent aussi quelques  avantages de cette mise \u00e0 disposition. Un, rien ne se d\u00e9grade plus vite  qu\u2019un immeuble inoccup\u00e9 (ne f\u00fbt-ce que parce qu\u2019on vient y prendre les  radiateurs en fonte, les ch\u00e2ssis ). Deux, si un loyer est pay\u00e9, un bien  qui \u00e9tait improductif peut g\u00e9n\u00e9rer une petite rentr\u00e9e. Trois, les  squatters permettent d\u2019\u00e9luder la taxe sur les immeubles vides<\/em>.<\/p>\n<p><em>Mais non, ce n\u2019est pas original, parce  que ce contrat d\u2019occupation pr\u00e9caire existe dans notre droit depuis  longtemps et est finalement assez bien r\u00e9pandu, entre autres dans le  cadre de maisons d\u2019accueil pour sans-abri. Les pouvoirs publics ont  compris depuis un bon bout de temps les avantages de l\u00e9galiser ce type  d\u2019occupation. A Bruxelles, il y a le cas du 123 de la rue Royale qui  appartient \u00e0 la R\u00e9gion wallonne et qui est l\u00e9galement squatt\u00e9 depuis  deux ans. Cela permet de p\u00e9renniser l\u2019occupation avec partage des  charges Ce n\u2019est plus un squat, c\u2019est une relation contractuelle qui n\u2019a  pas la forme classique du bail de r\u00e9sidence principale\u00a0; m\u00eame si un  loyer est parfois per\u00e7u<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Mais le premier mouvement de  balancier est venu des squatteurs qui ont cibl\u00e9 les pouvoirs publics.  C\u2019est un peu par hasard qu\u2019ils ont investi des propri\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p><em>Oui, avant ils partaient d\u2019une logique  qu\u2019il valait mieux investir des biens publics, car le droit au logement  p\u00e8se plus sur le public que sur le priv\u00e9. Il y a deux types de squat\u00a0:  le squat d\u2019urgence, coup-de-poing, et le squat sur le long terme, en  tissant des relations avec le propri\u00e9taire. M\u00eame si la premi\u00e8re  sensibilise plus les citoyens, la seconde est plus p\u00e9renne<\/em>.<\/p>\n<p><strong> Ou d\u00e9finitive\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><em>Jamais ce type d\u2019occupation ne r\u00e9pondra  aux conditions du Code du logement. On ne peut la concevoir comme  d\u00e9finitive. C\u2019est une mise \u00e0 disposition. Il y a peu de r\u00e8gles. On se  situe dans une zone grise peu confortable.<\/em><\/p>\n<p><strong>Peut-on imaginer d\u2019autres contrats  de ce type avec des priv\u00e9s\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><em>Oui, mais l\u2019important est d\u2019aller  au-del\u00e0 du coup par coup. Il existe une pl\u00e9thore d\u2019instruments l\u00e9gaux  pour r\u00e9occuper des espaces vides, sans parler de ceux qui p\u00e9nalisent le  propri\u00e9taire d\u2019un bien vide. M\u00eame si cela sort du cadre des bureaux  vides, on pourrait par exemple imaginer un partenariat public\/associatif  pour mettre sur pied des exp\u00e9riences d\u2019autor\u00e9novation de logements  sociaux vides. Il y en a plus de 2 000 en R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale,  dont certains sans projet imm\u00e9diat de r\u00e9novation.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article dans La Libre Belgique du 25 novembre 2009 r\u00e9dig\u00e9 par la journaliste Charlotte Mikolajczak Un contrat d\u2019occupation temporaire a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 fin octobre entre des squatters et un promoteur priv\u00e9. De quoi donner des id\u00e9es \u00e0 d\u2019autres\u00a0? A Bruxelles comme ailleurs, mais \u00e0 Bruxelles surtout, les probl\u00e8mes de logement sont dramatiques et les exemples de sans-abri investissant de force des immeubles vides sont de plus en plus courants. Sauf erreur de jugement, leurs cibles sont des b\u00e2timents appartenant aux pouvoirs publics. Le droit au logement social n\u2019est-il pas de leur responsabilit\u00e9\u00a0? Une de ces rares \u00ab\u00a0erreurs\u00a0\u00bb &#8211; l\u2019occupation, place Morichar \u00e0 Bruxelles (voir ci-contre), d\u2019un b\u00e2timent anciennement lou\u00e9 par le minist\u00e8re des Finances mais appartenant \u00e0 un priv\u00e9 &#8211; a donn\u00e9 lieu \u00e0 diverses p\u00e9rip\u00e9ties qui, \u00e0 l\u2019instigation de Christos Doulkeridis, secr\u00e9taire d\u2019Etat bruxellois au Logement, se sont conclues sur l\u2019occupation tout \u00e0 fait l\u00e9gale d\u2019un immeuble de bureaux vide localis\u00e9 rue de Stassart, derri\u00e8re la Toison d\u2019Or. 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