Certifié PCC en juin — ce que représente ce diplôme, et comment choisir le coach qui vous convient

J’ai obtenu ma certification PCC en coaching ce mois de juin. On entend souvent qu’il y a trop de coachs. Je le comprends. Mais j’aimerais partager deux choses à ce propos.

D’abord que le besoin est réel. Beaucoup de gens traversent seuls des moments qui pèsent : changer de métier à quarante-cinq ans, prendre une fonction pour laquelle personne ne les avait préparés, gérer sa situation familiale qui passe par des tensions, devoir prendre une décision essentielle mais lourde de conséquences, diriger une organisation en se sentant seul-e pour traverser les tempêtes. C’est rarement avec son entourage proche qu’on peut en parler.

Ensuite, s’il y a beaucoup de coachs, il y a aussi beaucoup de profils de coachs. Et c’est une bonne nouvelle. Nous ne sommes pas interchangeables. Un coach ne convient pas à tout le monde, et le bon coach n’est pas le meilleur sur le papier, c’est celui ou celle avec qui la personne peut travailler. Rencontrez-en plusieurs, prenez le temps, et n’ayez aucun scrupule à dire non. Ça fait partie du travail.

Deux mots, donc, sur le type de coach que je suis — et d’abord sur le « diplôme » que j’ai obtenu. Le métier n’est pas réglementé : n’importe qui peut en porter le titre demain matin sans avoir jamais été observé en séance. Cette certification ne prouve pas que je suis bon, elle prouve qu’on a vérifié — des centaines d’heures d’accompagnement, des séances réelles écoutées et évaluées par des praticiens expérimentés. Dans un métier où l’on peut tout affirmer de soi-même, ça mérite d’être précisé.

Sur ce que j’apporte ensuite. J’ai occupé des responsabilités : ministre, bourgmestre, président de parlement. Je connais de l’intérieur la solitude de la décision, la pression du temps, la loyauté qui tire dans deux directions, la gestion souvent difficile d’une vie personnelle à côté de son métier. Et le jour où l’on n’est plus rien de tout ça. Cela ne me sert pas à savoir ce qu’il faut faire à la place des personnes que j’accompagne, ce serait le meilleur moyen de mal faire mon job. Cela me sert à ne pas être impressionné, et à ne pas être naïf sur ce que vit quelqu’un qui porte une responsabilité.

Cela m’oblige aussi à une vigilance. Pendant trente ans j’ai exercé un métier où il faut répondre vite ; c’est la règle du jeu, pas une affaire de tempérament. Ici on demande l’inverse. Le coaching est au fond une culture de la curiosité. La question qui compte n’est jamais « que faut-il faire », mais « qu’est-ce que je peux vraiment comprendre de ce qui m’occupe ». Cette question appartient à la personne accompagnée, et c’est elle qui y travaille. Si je crois avoir compris avant elle, avec mes références et mon expérience, je la lui referme au lieu de la lui ouvrir. Alors je ralentis, et je pose une question de plus quand je crois ne plus en avoir besoin.

Parce que le vrai travail n’est pas le mien. Accepter de regarder autrement une chose qui nous préoccupe demande du courage — le mot vient du cœur, et ce n’est pas un hasard. Ce courage-là appartient à la personne accompagnée. Mon rôle est de créer les conditions pour que la réaction se produise, sans en être moi-même le résultat. C’est le mot que j’emploie depuis toujours pour ce qui me passionne vraiment : catalyseur, rendre la réaction possible.

Une dernière chose, qui n’a rien à voir avec la technique du métier. Pendant ces mois, j’ai fait partie d’un groupe où la bienveillance était réellement présente. Ce qui me trouble, c’est de l’avoir remarqué. J’aurais dû trouver ça banal. Dans beaucoup de milieux professionnels ou privés, nous avons pris l’habitude de son absence au point de ne plus la compter comme un problème. Personnellement, je ne souhaite plus évoluer dans des environnements où elle est absente.

Je tiens à remercier le plus chaleureusement possible Feryal Hassaïne, fondatrice de Novaterra, où j’ai suivi cette formation. Ses qualités professionnelles m’ont très fortement impressionné, d’autant qu’elles sont servies par des qualités humaines exceptionnelles. Merci à Christine, Pia, Kim et Audrey, qui sont déjà des coachs pertinentes, chacune à sa façon.

Je pars demain à Paris pour deux jours de formation à la négociation. Un autre métier, la même exigence : ne pas décider trop tôt qu’on a compris ce que l’autre veut vraiment.